Article du 12 Décembre 2008

Guerre : contagion de l'Irak vers l'Afghanistan et le Pakistan

Le « sursaut » des troupes de la coalition pro-américaine en Irak, conçu par le général David Petraeus, commandant en chef des troupes américaines en Irak et en Afghanistan, nous est présenté comme un grand succès. Les média et les politiciens mondialistes lui ont attribué le faux mérite d'empêcher la guerre désastreuse de devenir un autre Vietnam .

Maintenant, les militaires à la solde des gouvernements mondialistes, annoncent qu'ils prévoient un autre « sursaut » en Afghanistan. Et là aussi, ils sont applaudis avec enthousiasme par les média, et naturellement par les politiquement corrects, dont beaucoup qualifient la guerre d'Afghanistan de « guerre juste » .

Nous ne serons pas dupes : l'Irak est un désastre déguisé en succès. Bien entendu, toutes les déclarations sur le succès en Irak ne font que montrer le cynisme et la dépravation des politiciens et des média mondialistes.

Les troupes de la coalition n'ont pas, contrairement à ce qu'on avait annoncé, amélioré la sécurité de l'Irak. Au contraire, elles ont procédé à une énorme intensification de la guerre contre le peuple irakien, et elles ont soutenu massivement les nettoyages ethniques et religieux. La province d'Anbar, au cœur du triangle sunnite, a été réduite à un tas de décombres après des années et des années de guerre intensive.

La police irakienne et les escadrons de la mort liés à la milice Badr ont intensifié leurs efforts pour consolider leur contrôle exclusif sur l'appareil d'État et sur le gouvernement. Le pays continue d'être agité par la violence et les conflits ethniques. À Mossoul, au nord de Bagdad, la milice kurde a mené une campagne de terreur contre la minorité chrétienne, assassinant une douzaine de chrétiens, mettant le feu à leurs maisons et provoquant l'exode de la ville de milliers de chrétiens. L'Irak est toujours si dangereux que pratiquement aucun des cinq millions de réfugiés ne s'est senti suffisamment en sécurité pour revenir, malgré la dureté de la condition de réfugié.

Par contre, la terrible violence de ces dernières années a permis aux compagnies pétrolières américaines d'avoir les mains libres pour exploiter les vastes richesses pétrolières du pays. Pendant ce temps, les Irakiens ordinaires sont abandonnés à eux-mêmes dans les plus infernales conditions : peu ou pas d'électricité, eaux usées et détritus en putréfaction partout, peu ou pas d'accès à l'eau potable, plusieurs épidémies de choléra l'année dernière, pas de soins médicaux, pas de travail… rien.

Néanmoins une autre guerre est en route, même si les militaires la désapprouvent. Obama parle d'intensifier la guerre en Afghanistan. Obama dit souvent qu'il considère l'Afghanistan comme sa priorité, ce qu'il appelle « le front principal de la guerre contre le terrorisme ». Et il ajoute : « Nous avons besoin de plus de troupes là-bas. Nous avons besoin de plus de ressources… C'est une guerre que nous devons gagner ». Obama a franchi le Rubicon car il est même prêt à envoyer des troupes américaines au Pakistan. En d'autres termes, le nouveau président américain, fera une guerre plus importante en Afghanistan et même au Pakistan.

En Afghanistan, les troupes de l'ONU ont été confrontées à une insurrection croissante des talibans et de leurs alliés. Au fur et à mesure que leurs forces augmentaient, les insurgés talibans ont pu aller au-delà de la tactique classique de l'attaque éclair de la guérilla et soutenir des combats importants avec des centaines et même des milliers de combattants. Les officiers de l'OTAN en Afghanistan ont commencé à comparer l'intensité des combats à ceux de la guerre du Vietnam. L'insurrection atteint les faubourgs de la capitale, Kaboul, car les talibans ont pu organiser plusieurs attaques démontrant ce dont ils étaient capables.

L'Afghanistan est un pays dont la superficie est de 50 % supérieure à celle de l'Irak, et dont la population compte cinq millions d'habitants de plus. D'autres facteurs, comme le terrain beaucoup plus accidenté de l'Afghanistan avec une population rurale disséminée, posent aussi de gros problèmes avec la montée en puissance de l'insurrection.

Au cours des 24 derniers mois, plus de civils ont été tués que pendant les quatre années précédentes. Et cela a fortement accru la colère et la haine des populations afghanes contre les forces d'occupation de l'OTAN, fournissant ainsi un réservoir grandissant de recrues pour l'insurrection afghane. La haine générale envers le gouvernement afghan, extrêmement corrompu et faible, dirigé par Hamid Karzaï, le président choisi par les Américains, a aussi contribué au renforcement des insurgés. La plupart des ministères de Karzaï sont tenus par des seigneurs de guerre qui ont découpé le pays en fiefs privés. Son gouvernement, comme les talibans dans leurs zones, impose la charia, la loi islamique fondamentaliste. La cour suprême de Karzaï est un héritage direct des talibans.

L'Afghanistan est maintenant classé par les Nations Unies comme le cinquième pays le moins avancé du monde. Au moins la moitié de l'économie repose de nouveau sur la production de l'opium ; des personnalités importantes du gouvernement afghan profitent beaucoup du trafic de drogue, tandis que les efforts américains pour éradiquer la drogue ne sont qu'une couverture.

Les conditions de vie sont déplorables. On estime le chômage à 80 % dans certaines parties du pays. Plus de 42 % de la population afghane vit dans une extrême pauvreté et le revenu moyen d'une famille afghane est d'environ 8 euros par mois. Étant donné la hausse vertigineuse des prix de la nourriture et du pétrole cette année, la moitié de la population est incapable d'acheter la nourriture. La situation des femmes est particulièrement terrible. Après la Sierra Leone, l'Afghanistan a le plus haut taux de mortalité maternelle du monde.

La guerre américaine, la répression et les conditions économiques et sociales absolument barbares, voilà ce qui, plus que tout, pousse la population afghane vers les talibans. Ce renforcement se traduit aussi dans le fait que l'insurrection talibane attire une catégorie de seigneurs de guerre qui ont une longue histoire de changement de camp dans leur quête du pouvoir.

En intensifiant la guerre en Afghanistan, les militaires américains ont traversé la poreuse frontière vers les zones tribales du Pakistan voisin. Leurs attaques contre les zones tribales ont commencé par des attaques aériennes avec des hélicoptères, des missiles, des avions et des drones. Cet été, des unités de commando américaines ont organisé au Pakistan des raids.

Avec l'utilisation par l'impérialisme américain des mêmes méthodes au Pakistan qu'en Afghanistan, on risque d'obtenir le même résultat. Le Pakistan est déjà un baril de poudre. Les attaques américaines sur les régions frontalières du Pakistan risquent de discréditer le régime pakistanais encore plus, rendant furieuses d'autres parties de la population, donc augmentant les risques d'une plus grande explosion sociale et d'une guerre plus importante au Pakistan, un pays de 170 millions d'habitants et qui possède la bombe atomique.

Cette extension de la guerre, de l'Irak à l'Afghanistan et à des parties du Pakistan, doit inciter les Français à rejeter la politique mondialiste de Sarkozy/Kouchner et à se dissocier de l'impérialisme américain. Cette guerre n'est pas la nôtre !

Jean Marie LE PEN a été le seul homme politique français à se positionner, clairement, il y a 18 ans dès la première guerre du Golfe.

Les Français doivent dire :

NON A LA GUERRE !

OUI A LE PEN !

Gilbert PEREA